Capacités spatiales
Les capacités spatiales (capacités visuospatiales) sont la capacité à comprendre, raisonner et se souvenir des relations visuelles et spatiales entre les objets (Jansen, 2009).
Il est courant de diviser les capacités spatiales en capacités spatiales à grande échelle et capacités spatiales à petite échelle (Hegarty et al., 2006). La relation entre ces deux catégories peut être décrite par quatre modèles théoriques : le modèle unitaire, qui suppose un chevauchement entre les deux catégories ; le modèle de dissociation complète, qui considère que chaque catégorie est indépendante de l’autre ; le modèle de dissociation partielle, qui indique que certaines fonctions cognitives sont partagées entre les deux catégories ; et le modèle de médiation, qui suppose que la relation entre les deux catégories se fait via une variable tierce (Hegarty et al., 2006).
Selon les données issues de la recherche en neuroimagerie, telles que l’IRM fonctionnelle (fMRI) et la tomographie par émission de positons (PET), les capacités spatiales à petite échelle partagent des zones cérébrales communes avec plusieurs autres fonctions cognitives, notamment :
- Mémoire de travail : comme les capacités spatiales à petite échelle, elle présente des zones d’activation dans le gyrus précentral droit, le lobule pariétal inférieur gauche (IPL) et le gyrus supramarginal gauche
(Chein et al., 2011 ; Fassbender et al., 2011). - Arithmétique et calcul : comme les capacités spatiales à petite échelle, elles présentent des zones d’activation dans le précunéus, le gyrus frontal inférieur (IFG), le gyrus précentral droit, le lobule pariétal inférieur gauche (IPL) et le gyrus supramarginal gauche
(Fehr et al., 2007 ; Benn et al., 2013). - Représentation de l’imagerie motrice : comme les capacités spatiales à petite échelle, elle présente des zones d’activation dans le précunéus, le gyrus frontal inférieur (IFG), le gyrus précentral droit, le lobule pariétal inférieur gauche (IPL), le lobule pariétal supérieur gauche (SPL), le gyrus occipital inférieur droit (IOG) et le gyrus frontal moyen gauche (MFG)
(Thompson et Baccus, 2012 ; Chinier et al., 2014). - Contrôle de la dextérité des doigts : comme les capacités spatiales à petite échelle, elle présente des zones d’activation dans le précunéus, le gyrus frontal inférieur (IFG), le gyrus précentral droit, le gyrus supramarginal gauche, le lobule pariétal inférieur gauche (IPL) et le gyrus frontal moyen gauche (MFG)
(Akhlaghi et al., 2012 ; Lavrysen et al., 2012). - Processus de comparaison : comme les capacités spatiales à petite échelle, elle présente des zones d’activation dans le gyrus précentral droit et le gyrus frontal inférieur droit (IFG)
(Soulières et al., 2009).
Ainsi, l’implication de ces structures cérébrales pourrait indiquer une connexion entre les capacités spatiales à petite échelle et la représentation motrice et des mouvements des doigts / mains, la mémoire de travail pour le traitement de l’information, les calculs et la comparaison et correspondance des caractéristiques.